Le moulin d'Arche est situé à 1 heure du centre de Lyon en direction de Genève dans l'accueillant Dauphiné des Plaines et des Collines.
Bâti en 1571 sous le règne de Charles IX, c'est une magnifique bâtisse dauphinoise en pleine nature, bordée par la rivière et son bief.
Arrêté en 1937 et oublié, ce moulin à céréales est aujourd'hui en cours de restauration.
Paradis des arbres et des fleurs, il est entouré d'eau, par son bief, le canal d'échappée et la rivière de Chogne (autrefois rivière d'Arche).
Une balade le long de la rivière vous emmenera vers les ruines d'un pressoir à noix de 1570 jusqu'à l'embouchure de la Chogne dans le Rhône.
Les machines du moulin sont sur 4 niveaux : sous les toits le nettoyeur séparateur, puis les blutoirs, les appareils à cylindres, les meules en pierres et la prise d'énergie par le rouet à aluchons au rez de chaussée.
On croirait entendre le cliquetis du trémion des meules en pierre, sentir la bonne odeur de la farine fraîche et croiser le meunier et son chat !
Le linteau et son blason
Le linteau de la porte d'entrée du moulin est gravé de la date de construction et des armoiries de la famille qui l'a construit. Il fut bâti en 1571 sous le règne de Charles XI, un an avant la Saint-Barthélémy, par la famille de Groslée, famille noble qui possédait une bonne partie du Dauphiné, avec entre autres les seigneuries de Crémieu, Passins, Quirieu et Meypieu.
Les armoieries des Groslée sont composées de huits girons or et sable, entourés de l'ordre de Saint-Michel.
Cet ordre militaire, créé en 1460 par Louis XI servait à récompenser les familles nobles méritantes pour faits d'armes, et les Groslée, féroces batailleurs qui participèrent à de nombreuses croisades vers Rhodes et Jérusalem, furent récompensés
par cet ordre composé de neuf coquilles Saint-Jacques reliées par une cordelette, et qui se termine par un diadème représentant l'archange Saint-Michel terrassant le dragon.
En passant le seuil de la porte, on distingue nettement les ailes de l'Archange, son glaive, et le dragon que l'on appelait la Vouivre, au moyen-âge, et qui représentait les forces maléfiques de la Terre.
Cette image biblique qui est une allégorie de la maîtrise de l'homme sur la nature trouve bien sa place sur le linteau d'un moulin, qui fut la première machine inventée par l'homme.
La roue à augets de 3.60m de diamètre alimentée par la chute d'eau du bief a été entièrement reconstruite en 1999.
Elle entraîne au rez de chaussée du moulin, le rouet.
Cette énorme roue en fonte avec des dents, les alluchons en merisier, entraînait un arbre horizontal qui, par un système de poulies et de courroies passant au travers des planchers, faisait tourner toutes les machines installées sur les quatre niveaux.